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La galerie de 2001 à 2011
En plein cœur de Vevey (canton de Vaud - Suisse), à l’une des portes de l’ancienne ville, la tour-porte « au Vent ou au Vert » ouvrant sur la Grand’Place, une galerie s’inscrit dans une construction dont les travaux de restauration ont mis à jour des fragments de fortifications du 13e siècle.
Des collectionneurs Pierre et Joëlle Clément ont investi dans cette maison pour présenter l’art Aborigène d’Australie en Europe. Défi et passion, liés à une connaissance approfondie d’artistes du désert australien et de leur culture millénaire. Ils ouvrent au public une porte privilégiée sur les « territoires du Rêve ».
L'Edifice

Du 13ème au 16ème siècle

Le bâtiment a été érigé sur une parcelle dont l’emplacement est particulièrement intéressant ; elle jouxte, à l’ouest le mur de ville et la «porte au Vent ou au Vert» et semble, depuis la fin du XVème siècle au moins, faire partie de la «maison-forte de Vuippens», située au nord (sous l’actuel théâtre).
Une première maison devrait donc prendre place à l’intérieur du mur de ville, adossée à ce dernier, peu après son édification, soit vers le milieu du XIIIème siècle déjà ; à partir des premières sources documentaires consultées, depuis le milieu du XVème siècle, et jusqu’en 1571, la parcelle sur laquelle est édifiée une construction, relève directement de la «maison-forte de Vuippens».
Dès 1560, la maison et le jardin situé dans les braies (espace situé entre le mur de ville et le fossé, faisant partie du système défensif), sont en main de «Jehan Leyvraz» qui obtient du «Petit Conseil», autorité exécutive de la ville, l’autorisation de réparer le mur de ville, en ruine, en détruisant son couronnement jusqu’au niveau des merlons et en couvrant la maçonnerie d’un toit, peut-être en prolongement du sien ; il peut également replâtrer et enduire la face du mur de ville orientée sur la Place du Marché, à condition d’y laisser les meurtrières «pour demonstrer touiour que cest muraille de ville».
En 1595, le bâtiment, alors en main d’un architecte-maçon «maistre Anthoine Paully», est reconstruit.

Du 17ème au 19ème siècle
Ce n’est vraisemblablement qu’après le grand incendie de 1688, qui détruisit partiellement la tour-porte au Vent ou au Vert, que le propriétaire, «Jean Royer» agrandit son bâtiment en édifiant une première construction, «extra muros», dans les braies ; la maison sert alors de cabaret soit «vendage de vin».
Acheté en 1730 par «Albert Philippe Morier», le bâtiment présente encore une implantation identique à celle du plan de 1699, avec un agrandissement et jardin dans les braies. Ce n’est que dans la seconde moitié du XVIIIème siècle que le bâtiment acquiert les dimensions et dispositions actuelles, avec une grande façade ouverte sur la Place du Marché ; une partie du bâtiment, toujours à vocation publique, abrite un «cabaret à l’enseygne du logis de la chasse».
La destruction de la tour-porte au Vent ou au Vert, en 1798, nécessitera la reconstruction partielle de la façade sur rue ainsi que la reprise ou création du toit à la Mansart; de nombreux aménagements intérieurs témoignent encore de cette importante étape transfromatrice.
Du 20ème siècle à nos jours
Les dernières transformations du café, situé au rez-de-chaussée, vers 1930, ont profondément modifié l’organisation de la façade sur rue, en détruisant les dispositions et décors du XVIIIème siècle ; elles ont cependant conservé une portion du mur de ville.

Octobre 2005
Luigi Napi, Historien de l’Art monumental régional & archéologue

 

Des collectionneurs Pierre et Joëlle Clément ont investi dans cette maison pour présenter l’art Aborigène d’Australie en Europe. Défi et passion, liés à une connaissance approfondie d’artistes du désert australien et de leur culture millénaire, ouvrent au public une porte privilégiée sur les « territoires du Rêve ».